Magic of November / Magie de novembre

November is my least favourite month of the year. The ever shorter days, the darker nights, the cold creeping in and the light disappearing – it’s a struggle.

But this year, November has been a month of magic. A month of sunrise swims, nourishing words and dreamy music.

I find myself leaning into this darker quieter time. Heeding my body’s need to slow down. Tuning into the season that is – fallow, dark, dormant. Embracing hibernation. 


Novembre est le mois de l’année que j’aime le moins. Les jours plus courts, les nuits plus noires, le froid qui s’installe tandis que la lumière disparaît : c’est difficile.

Pourtant, cette année, novembre a été un mois magique. Un mois de baignades au lever du soleil, de mots nourrissants et de musique de rêve.

Je me suis laissée porter par cette période calme et sombre. Cédant au besoin de repos de mon corps. En harmonie avec cette saison de jachère, d’obscurité, de dormance. 

And don’t think the garden loses its ecstasy in winter.
It’s quiet, but the roots down there are riotous.

Rumi

I’ve never liked Halloween – the sugar binge, the ghoulish costumes and decorations (if you can even call them that!), the gore of it all. There is no Halloween tradition whatsoever where I am from in France – even the US imported trick or treat still hasn’t really become a thing. I can get behind traditional Irish games like apple bobbing, pumpkin carving and bonfires, but that’s about it.


Et ne crois pas que le jardin perde son extase en hiver.
Il est calme, mais les racines en bas sont déchaînées.

Rumi

Je n’ai jamais aimé Halloween : l’avalanche de bonbons et sucreries, les costumes et décorations macabres, l’horreur normalisée. La France est un pays sans tradition de Halloween. Même le trick or treat importé des Etats-Unis n’a pas vraiment pris d’ampleur. J’apprécie les citrouilles à sculpter et les jeux traditionnels irlandais comme la pêche aux pommes dans une cuvette, mais c’est à peu près tout.

The acorns love a good game of bobbing for apples /
A la pêche aux pommes, traditionnel jeu de Halloween en Irlande.

Yet this year, Halloween, or Samhain as it’s called in Irish, felt different. Through Scoil Scairte and the book 32 Words For Field, I have become acquainted with the Cailleach – the Wise Woman, the veiled one, a goddess as old as time itself, creator and guardian, in Celtic mythology, of the world that she made and shaped.

On Halloween night, she brings about winter. And she did a good job of it this year, as the weather immediately turned for the colder.


Et pourtant cette année, Halloween, ou Samhain en gaëlique, a été différent. Lors de mon cours de langue irlandaise, j’ai découvert le personnage de la Cailleach : la Sage Femme, une déesse aussi vieille que le temps lui-même, créatrice et gardienne, en mythologie celtique, du monde qu’elle a façonné. 

La nuit de Halloween, elle amène l’hiver. Et elle a bien travaillé cette année, parce que le temps s’est immédiatement refroidi.

© Sean Fitzgerald

On Halloween, I dressed up – not something that I normally volunteer for! But I wanted to channel my inner cailleach. So Mermaid got her face paints out. I didn’t want a cute or pretty witch, I wanted an unapologetically powerful one.


Alors, chose rare, je me suis déguisée pour Halloween. Je voulais incarner la Cailleach. Sirène a sorti ses pinceaux de maquillage et m’a transformée, non pas en jolie sorcière bien-aimée, mais en cailleach avec qui on ne plaisante pas.

Walking around Derry on the eve of Halloween, I found it quite poignant to walk across the beautiful Peace Bridge over the Foyle River. Six months ago, I read Thin Places, Kerri ní Dochartaigh’s extraordinary memoir of growing up in Derry during the Troubles.


La veille de Halloween, nous avons passé l’après-midi à Derry, en Irlande du Nord. Traverser l’élégant Pont de la Paix (Peace Bridge) sur la rivière Foyle fut un moment poignant, après avoir lu Thin Places, l’extraordinaire mémoire de Kerri ní Dochartaigh, sur son enfance à Derry pendant les Troubles.

Peace Bridge, Derry

Derry (Doire in Irish, or “oak grove”) hosts the largest Halloween festival in Europe. This year’s theme was Spirits World. So of course, the Cailleach was present in various guises. We didn’t stay late enough to truly take it all in, but it was a great afternoon – one that somewhat reconciled me with Halloween.


Derry (Doire en gaëlique, soit “chênaie”) organise chaque année le plus grand festival de Halloween d’Europe. Le thème de 2021 était le Monde des Esprits. Alors évidemment, la Cailleach était présente sous diverses apparences. Nous n’y sommes pas restés assez tard pour en profiter vraiment, mais ce bel après-midi réussit à me réconcilier avec Halloween.

Spirits World was this year’s theme for Derry Halloween /
Le thème de Derry Halloween 2021 était le Monde des Esprits.

At the Diamond, I spotted some metal oak leaves scattered on the pavement. I told Mermaid how Derry is named after oak trees, because the word dar in Irish means “oak”, and all words or placenames containing dar or daire mean “oak”, including Kildare (Cill Dara, “church of the oak”), Meenderry or the name Dara. She laughed to hear that her best friend’s dad is called “oak”!


Sur la place dite du “Diamant”, au cœur de Halloween, j’ai remarqué des feuilles de chêne en métal éparpillées sur le trottoir. Et d’expliquer à Sirène que Derry tient son nom du chêne, car le mot dar en gaëlique signifie “chêne”, et qu’il en est de même pour tous les mots et toponymes contenant dar ou daire, y compris le comté de Kildare (Cill Dara, soit “l’église au chêne”), le village de Meenderry ou le prénom Dara. Elle éclata de rire en apprenant que le père de sa meilleure copine s’appelle “chêne”!

Oak leaf on the pavement of Derry (Doire, “oak grove”) /
Feuille de chêne sur le trottoir de Derry.

November seems to make up for the darkness with epic skies and glorious sunrises. Brian and I have taken to swimming at sunrise once or twice a week. And November has truly been a month of magic.

November sunrise

Swimrise has become a connection practice, with myself, Brian and our fellow “humans of swimrise”, but also with the living world and the turning of the year. As the days shorten and the temperature drops and I stubbornly get out for a sunrise swim, as I witness the symphony of light, cloud and colour above rock and water, as I feel welcomed by the ever moving sea, my body atunes itself to the slower rhythm of this season.


En novembre, il semblerait que les ténèbres grandissants soient quelque peu compensés par des ciels somptueux et des levers de soleil magnifiques. Brian et moi avons pris l’habitude de nous baigner à l’aube une à deux fois par semaine. Et le mois de novembre s’est avéré véritablement magique.

Aubes de novembre

La “baignaube” est devenu un rituel de connexion, avec moi-même, Brian et les autres “humans of swimrise”, mais aussi avec le monde vivant et avec le passage des saisons. Comme les jours raccourcissent et que la température descend et que je m’entête à sortir avant l’aube pour aller me baigner, comme je contemple la symphonie de lumière, nuage et couleurs au-dessus de l’eau et des rochers, comme je suis accueillie par la mer en mouvement constant, mon corps adopte le rythme indolent de cette saison.

5 November – Air temp 8ºC; Water temp 12.5ºC

9 November: The sea was all copper reflections on slow flowing tide /
Réflections cuivrées sur la marée montante.

These days, as the sun rises in a slow glow behind the rocks of the cove, it is only by swimming out that we get to witness it. Occasionally, the stars align (high tide, calm sea, still air) and I dive in from the steps and jump off the rocks.


En ce moment, le soleil levant se cache longtemps derrière les rochers de la plage, alors il faut s’éloigner du rivage pour assister au spectacle… et le photographier. De temps à autre, toutes les conditions sont réunies (marée haute, mer calme, vent absent) et je plonge des marches ou je saute des rochers.

16 November: Fiery dawn skies, high tide, still sea – it can only mean one thing… /
Ciel en feu, marée haute, mer calme : plus qu’une chose à faire…

Jump!
Saute !

One November morning, I spotted an unusual phenomenon as we walked in the dawn twilight towards the beach. High above the horizon and the silhouetted roofs of Greystones, a perfect circle of light shone in the cloud – as if the moon was still out. Or, as Brian later put it to the acorns, “like the Bat-signal”!

By the time we reached the cove, the mysterious beam in the sky was fading as the sun rose. We had witnessed a sun pillar, as I later found out. This fleeting atmospheric phenomenon happens when the light of the rising sun get reflected vertically by ice crystals in the clouds.


Un matin, j’ai remarqué un phénomène curieux comme nous descendions à la plage juste avant l’aube. Haut au-dessus de l’horizon et des toits sombres de Greystones, un rond de lumière brillait dans les nuages, comme éclairé par un projecteur géant. Ou, comme Brian expliqua plus tard aux graines de chêne, “comme le signal de détresse de Batman”!

A notre arrivée à la plage, le rayon mystérieux s’estompait déjà. J’ai découvert plus tard que nous avons vu un pilier solaire. Ce phénomène atmosphérique de courte durée se produit quand la lumière du soleil levant ou couchant est reflétée verticalement par des cristaux de glace en suspension dans les nuages.

How about that for November magic?!

For the rest of that day, I had a lightness in my step and elation in my heart, knowing that I had witnessed something really special. The sun pillar felt like a ray of light through a cloud of uncertainty.
Clarity.
Magic.


Pas mal pour un brin de magie de novembre, non ?

Un rayon de lumière perçant un nuqge d’incertitude.
Clarté.
Magie.

24 November: Metallic reflections under a leaden sky /
Reflets métalliques sous un ciel de plomb.

While before I would have relentlessly pushed through November, only to collapse with exhaustion come Christmas time, this year I have consciously chosen to slow down and rest.

Nothing in nature blooms all year round.
Be patient with yourself.

We ignore the seasonal cycles of the natural world at our peril. Waking up groggy in the darkness of a November morning is not something the soft animal of my body is meant to do. And so I feel for Jedi and Mermaid, who, day after day, must ignore their teenage bodies’ need for sleep and rest, simply to fit a schedule that was designed for machines, not humans.


Si, par le passé, j’efforçais de traverser novembre à plein régime, avant de m’effondrer, épuisée, pendant les fêtes, cette année, j’ai choisi de ralentir et prendre du repos.

Rien dans la nature ne fleurit toute l’année.
Sois patient avec toi-même.

Nous ignorons les cycles saisonniers du monde naturel à nos risques et périls. Le “doux animal de mon corps” n’estpas prévu pour se réveiller groggy par un matin de novembre où il fait encore nuit noire dehors. De même, Jedi et Sirène doivent, jour après jour, ignorer le besoin de sommeil et de repos de leurs corps adolescents, juste pour se conformer à un rythme conçu pour des machines, pas des humains.

This November, I am learning that the darkness can be a place and a time of healing and nourishment and creativity.

Old patterns hiding under the thick carpet of soft autumn leaves are now decaying, mulching the soil-soul. Outworn versions of myself are laid to rest. New directions haven’t appeared yet. So I follow the meandering path through the trees lit by my newly found love for the Irish language, the wisdom contained in the pages of If Women Rose Rooted and the dreamy music of Woven Kin‘s Hibernate album, “an ode to the inward turn”.

Do not look for me
I lie dormant, my love
Let me fall away from the world
Let me fall into the Earth

Something is stirring, rising from the deep. And I burst into a spontaneous run.

Cette année, j’ai découvert que le noir peut être un lieu et un temps de récupération et nourrissement et créativité.

De vieilles habitudes cachées sous l’épais tapis de feuilles d’automne se décomposent, nourrissant le sol-âme. Des versions périmées de moi-même ne survivent pas à cette mue. La nouvelle direction à suivre n’est pas encore claire. Alors je suis le chemin sous les arbres illuminé par mon appréciation nouvelle pour le gaëlique irlandais, par la sagesse contenue entre les pages de Femmes enracinées, Femmes qui s’élèvent et par la musique éthérée de Woven Kin.

Quelque chose bouge au plus profond de moi. Et je pars en courant, spontanément.

As November comes to a close, I’ll leave you with a poem of sorts that I shared on social media at the beginning of the month.

Samhain

Samhain
A month of reflection and reflections.
A word like a whisper, telling me to rebel, to disobey, to say no.
No to the busyness, the rat race and the exhaustion. No to the system that treats us like cogs in the great capitalist machine, extracting every ounce of life out of us and out of Earth.
Still, it’s not enough.
It’s never enough.
And we are left burnt out and lonely, disconnected from ourselves, from other people and from nature.

Samhain
There is no place like Earth.
Nature keeps speaking, whether we listen or not.
Nature keeps showing us how we might live in this beautiful world.
The trees know it. The river knows it.
In relationship.
Interwoven.
Fite fuaite

9 November

27 November: Storm Arwen

30 November: Water temp has dropped to 9.5ºC /
La température de l’eau est descendue à 9,5ºC.

 

 

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